06/04/2010

Talbot Lago T26C #5 / Le Mans 1950

Le Mans 24 et 25 juin 1950

 Cette deuxième édition d'après guerre va sonner la « revanche des bleus ». En effet la victoire d'une petite -et quasi-inconnue- barquette rouge l'année précédente a frappé les esprits...et les susceptibilités patriotes. Aussi cette année, la volonté de la marque Talbot associé à la bravoure du pilote-mécano Louis Rosier va être récompensée.

Talbot #5.jpg Le succès de l'épreuve est tel, que l'on compte 112 demandes d'inscription et huit nouvelles marques -dont Jaguar dont on reparlera bientôt- parmi les 60 véhicules admis au départ. C'est malgré tout encore une année de transition et peut-être la dernière occasion pour les marques d'avant guerre de briller : c'est notamment le cas des Delahaye, Delage ou Bentley.

 Chez Talbot on ne fait pas les choses à moitié et ce sont trois T26C à moteur 4,5 litres qui sont engagées. La T26, apparue en 1946, est en fait une Formule 1, qui sera pour l'occasion grée en biplace sport. Elle est de ce fait un peu plus rapide que les meilleures Ferrari 195 S 2400cc. La n°5 est pour Louis Rosier et son fils Jean Louis, alors que la 6 est pour le duo Morel-Chambas et la 7 pour Meyrat-Mairesse.

 Fort de cette excellente vitesse de pointe, Louis Rosier engagé avec son fils Jean Louis appliquera un plan de circonstance. En effet dès le début de la course, Sommer s'échappe avec sa Ferrari 195S bleu de France. Parti comme un boulet de canon, il battra le record du tour avant de rétrograder pour finalement abandonner à la douzième heure. Derrière, Rosier alors deuxième, gère l'échappée de Sommer, mais une fois celui-ci hors de combat, l'auvergnat accélérera pour se défaire de la menace des Ferrari, Allard et Jaguar. Il bat à son tour le record du tour, puis grâce à son rythme et à sa régularité se met hors de portée de ses poursuivants.

DSCN4519.JPGMalheureusement, au petit matin, il doit stopper pour remplacer une rampe de culbuteurs. Le pilote garagiste réparera en 40 minutes et après avoir déjà piloté durant treize heures laissera repartir son fils jean Louis pour reprendre des forces. Mais Louis veut gagner et deux tours et deux bananes plus loin il reprend le volant et repart à l'attaque. Durant ce temps la voiture sœur de Meyrat-Mairesse mène la danse devant une Jaguar XK120.

Alors 3ème, Louis déborde bientôt la Jaguar de  Johnson-Hadley et à 9 heure du matin, reprend la 1ere place à l'autre Talbot, il totalise alors plus de 16 heures au volant. Peu après 15 heures,  le vieux record de distance détenu par Bugatti a vécu et sera battu par les 5 premiers classés.

 C'est un succès sans partage des Talbot, qui ont proprement écrasé la concurrence, grâce à des autos très rapides et fiables, emmenées par des pilotes hors paire. Louis Rosier, pilote et homme d'exception, décèdera six ans plus tard sur l'autodrome de Montlhéry et il faudra attendre 22 longues années pour voir à nouveau une voiture bleue couper la ligne en vainqueur au Mans.

17/01/2010

Ferrari 365 GTB 4 Daytona #37 / Le Mans 1972

Le Mans 10/11 Juin 1972

 

DSCN2538.JPG     Après l'impressionnante démonstration de Porsche l'année précédente et l'absence de Ferrari officielles, 1972 offre un grand bol d'air au sport automobile Français avec la première victoire d'une « bleue » depuis 1950. L'autre grand vainqueur de cette 40ème édition n'est autre que Ferrari. En effet le gros potentiel des GTB 4 « Daytona » entrevu l'année dernière avec la voiture du NART malheureusement pas encore homologuée en GT, se confirme.

     Ce ne sont donc pas moins de neuf Daytona qui se présentent sur la grille de départ en cette après midi du 10 Juin 1972 : trois pour les américains du NART, deux pour l'importateur français Charles Pozzi, deux également pour les suisses de la Scuderia Filipinetti, une pour les belges de l'Ecurie Francorchamps ainsi que pour les anglais de Maranello Concessionnaires.

     Les Daytona vont écraser la concurrence en prenant les cinq premières places du classement des GT, la première d'entre elles - une française aux mains d'Andruet / Ballot-Lena - se classant même cinquième du général.

72lm37a.jpg     Notre GTB 4 anglaise aura moins de chance. En effet correctement qualifiée en 27ème position, puis navigant aux alentours de la 20ème place aux mains des anglais Peter Westbury et John Hines, elle sera trahie par son moteur dès la neuvième heure de course.

     Il est à noter que cette Ferrari est équipée d'une conduite à droite.

modèle RedLine

Montage: Ferrari TRI60 LM 1960 /#1

    

     Nous nous proposons de reproduire au 1/43ème la Ferrari TRI 60 d'Olivier Gendebien et Paul Frère, qui remporta les 24 Heures du Mans le 26 Juin 1960. La base utilisée est un kit de la marque Starter (aujourd'hui disparue) des années 80, acheté sur un site de vente aux enchères.

photo lm60 n11.jpg

     La première étape consistera à faire un inventaire des pièces, de façon à avoir une première idée de la difficulté de montage et également pour voir si certaines d'entre elles devront êtres changées. Ici, par exemple le bouchon du réservoir d'essence et les globes des phares moulés en plastique jauni. Le volant sera lui aussi remplacé par un volant en photo-découpe en quatre parties, le levier de vitesse également.

090201 inventaire.JPG

     Il sera ajouté des pastilles pour les phares principaux et additionnels, ainsi qu'une grille de protection des trompettes d'admission d'air. Quant aux courroies maintenant les capots, qui sont moulées en résine avec la carrosserie, elles seront poncées et remplacées par des modèles en photo-découpe également. Le pare-brise un peu jauni sera peut-être aussi à changer.

090202 carrosserie (4).JPG

     D'autres détails seront améliorés, afin de tirer le meilleur résultat possible de ce kit datant un peu et loin, à la base des qualités de détails de kits plus modernes.

16/01/2010

Sauber Mercedes C9 / Le Mans 1989

57ème édition des 24 Heures du Mans, 10 et 11 Juin 1989.

affiche89.jpg     C'est en 1985 que Peter Sauber, trouvant une oreille attentive à Stuttgart, décide de se lancer dans le grand bain au Mans avec Mercedes. Le châssis coque fabriqué à Inwil sera propulsé par un V8 Mercedes de sept litres suralimenté par deux turbos KKK, qui après un passage chez le préparateur Mader développera 600 ch. Quant à la carrosserie, elle sera étudiée directement dans la soufflerie du célèbre constructeur allemand. La Sauber Mercedes C8 est née.

     Après quelques essais à Zeltweg puis Hockheneim, la belle auto blanche progresse régulièrement au cours des essais officiels des 24 Heures du Mans avant de décoller sur la bosse des Hunaudières le jeudi soir. Nielsen alors au volant s'en tire indemne, mais il s'agit là d'un miracle car après avoir effectué un décollage à 360 km/h et plusieurs loopings, la Sauber est retombée sur ses roues...et sur la piste. Néanmoins c'en est fini pour cette année.

     En 1986 deux C8 évoluées et "habillées" par Kouros se présentent au départ. Malheureusement les deux belles seront accablées de pépins divers dès le début de course et abandonneront finalement en début de soirée, l'une victime de son moteur, l'autre de sa boite de vitesse.

     L'année suivante Peter Sauber est de retour au Mans avec deux nouvelles «Kouros Mercedes» C9. Outre l'injection Bosch Motronic, les flèches pas encore d'argent, arborent une boite Hewland renforcée et des pneus Michelin. Cette fois encore, malgré les espoirs entrevus, les belles ne rejoindront pas l'arrivée.

     1988 marque le réengagement quasi-officiel dans la compétition de Daimler Benz, qui déclare réactiver son service course. Sauber apparaît donc clairement comme le bras armé de Mercedes et la robe des voitures est aux couleurs d'AEG, filiale du groupe allemand. Les C9 qui ont encore progressé tiennent cette fois la dragée haute à la concurrence, mais au Mans, pendant les essais, un accident dû à une crevaison aux causes non élucidées entrainera par mesure de sécurité le forfait des deux autos pour la course.

DSCN4334.JPG     C'est en 1989 qu'apparaît enfin le logo Mercedes sur la magnifique carrosserie des C9. Les voitures ne cessent de progresser et avant le grand rendez vous du Mans, elles comptent un doublé et deux podiums à Suzuka et Dijon. Cette année, le Mans se court hors championnat et du reste l'équipe Sauber Mercedes précise qu'elle s'y est préparée comme pour une simple troisième manche et que le vrai rendez-vous au Mans est pour 1990 !

     Depuis le début de saison le V8 Mercedes délivre plus de 700CV et se montre moins gourmand, grâce notamment à ses quatre soupapes par cylindre. Pour sa part le châssis développé à Inwill est passé à la moulinette des ordinateurs de Stuttgart tout comme l'aéro. Les pneumatiques sont eux aussi l'objet de l'attention particulière de l'équipe ...et de Michelin. Personne n'a oublié la mésaventure de 1988.  
 
    Le match à trois « Jaguar Mercedes Porsche » va pouvoir commencer ! Car en effet, aux deux écuries favorites il faut ajouter le team Joest Racing et ses trois Porsche dont un châssis neuf piloté par Wollec et Stuck. Du reste, à l'issue des essais la première ligne est toute allemande (#62,#61),  la seconde toute britannique (#1,#3) et la Porsche Joest n°9 occupe la cinquième place de grille. Quant à la Sauber n°63 de Mass Reuter et Dickens, elle prendra le départ en 11ème position.

     Dès le départ la bataille fait rage et au deuxième tour Jones sur la Jaguar n°3 prend la tête poursuivie par la Porsche de Wollek dans un train d'enfer. Cette Jaguar restera devant pendant les trois premières heures, puis la Porsche du Joest Racing prendra la tête jusqu'à ce que vers une heure du matin, alors leader avec trois tours d'avances, Hans Stuck perde 15 mns au stand à cause d'une fuite d'eau.

     Pendant tout ce temps la Sauber n°63 continue sa remontée, un moment pointée en vingtième position et à deux tours de la tête après avoir ramassé un corps étranger sur la piste vers 17h30, forçant Manuel Reuter à rentrer au ralenti au stand.

LM1989 (2).jpg     Peu après six heures du matin, la Jaguar n°1 est toujours en tête devant les Sauber N°61 et 63 chassées par la Porsche n° 9 revenue en 4ème position à trois tours, mais elle va devoir très bientôt stopper et perdre 52' pour changer sa boite de vitesse.

     Malgré deux voitures en tête aux deux tiers de la course Peter Sauber sait qu'il ne peut encore se détendre, surtout avec le faible écart séparant Stanley Dickens de Mauro Baldi. Et malheureusement il a raison car ce dernier fait un tout droit à la chicane Dunlop. Pas trop de dégâts mais suffisamment pour nécessiter un passage aux stands et laisser la tête à son compagnon d'écurie sur la n°63.

    L'ordre des voitures de tête restera alors le même jusqu'à l'arrivée. La Sauber Mercedes n°63 remporte la victoire devant sa sœur d'écurie, la Jaguar n°1 et la Porsche n°9 du Joest Racing. La troisième Sauber termine quant à elle en 5ème position consacrant l'écurie et démontrant une belle fiabilité, que l'on n'attendait peut être pas à ce niveau.

modèle HPI

27/12/2009

Matra MS630 #30 / Le Mans 1967

Le Mans 1967

 Matra MS630/02 BRM

DSCN4149.JPG Après un printemps dramatique et une série de contretemps, des forfaits à Spa et au Nurburgring, l'équipe réduit la voilure pour le Mans où seules deux MS630 à l'aérodynamique revue seront inscrites.

Ce sont deux voitures vierges de compétition qui se présentent à la pesée.

 Un capot arrière longue queue sera essayé sur la n°30 pendant les essais, mais ne sera pas retenu pour la course.

Mais les Matra, malgré la cure d'amaigrissement subie par rapport aux MS620 restent très lourdes et notre n°30 rend par exemple près de 170kg  à la Porsche 907 de Mitter / Rindt.

 Au milieu du duel Ford Ferrari, la bagarre des 2 litres passe inaperçue. Mais en fait, les 907 survolent la catégorie et nos deux MS630 sont juste capables de se mêler aux Porsche 910.

 Qualifiée en 27ème position et 4ème de la catégorie 2 litres, la « Jaussaud / Pesca » se fera remarquer aux yeux sévères du patron en rentrant au stand dès le premier passage !

MS630 67.jpgEn effet Jaussaud, qui a pris le départ, a coincé son harnais dans la portière, qui du coup mal fermée s'est déformée et carrément ouverte dans les hunaudières.

 L'auto repart 41ème et après deux heures de course se retrouve finalement 21ème lorsque la portière droite fait à nouveau des siennes !

Beaucoup de remous dans le stand à cause de cet incident, mais finalement après plusieurs tentatives de réparation, la voiture ne repartira pas et abandonnera peu avant 22 heures.

 La seconde auto fera un peu mieux mais ne verra pas non plus le jour se lever. Le millésime 67 n'a pas souri aux voitures couleur bleu de France et la route est encore longue vers la gloire promise par le patron.